20 candidats racontent ce qu’ils attendent de leur recherche d’emploi

Qu’est-ce qu’être un candidat en 2019 ? A quoi ressemble une recherche d’emploi aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’on attend du monde du travail quand on a 25 ans ? Nous sommes allés à la rencontre de 20 candidats, pour mieux comprendre qui ils sont, ce qu’ils cherchent et ce qu’ils attendent du monde du travail.

Qu’est-ce qu’on attend du monde du travail quand on a 25 ans ? Ces questions sont centrales pour tous ceux qui souhaitent recruter des juniors. Car avant de pouvoir les recruter, il faut les comprendre, pour être capable de leur parler et de les intéresser !

Chez Seekube, nous aidons chaque année des milliers de jeunes à trouver leurs premières opportunités professionnelles. Nous avons profité de cette proximité pour aller à la rencontre de 20 candidats, pour mieux comprendre qui ils sont, ce qu’ils cherchent et ce qu’ils attendent du monde du travail.

Être jeune, ce n’est pas qu’une question d’âge : c’est surtout une question de maturité professionnelle. Une période où on construit encore son projet professionnel, où on n’a encore jamais vécu le monde du travail de l’intérieur, mis à part à travers ses proches ou ses brèves expériences en stage. Mais comment se passe la recherche d’un stage de fin d’études ? D’un premier emploi ? D’une alternance qui nous engage pour deux ans aux côtés d’une entreprise ?

Ils s’appellent Elise, Antoine ou Albane, et ils nous ont raconté leur périple…

 

Que doit faire une entreprise pour attirer des jeunes en 2018 ?

Au fil des interviews, six caractéristiques récurrentes ont permis de dessiner le portrait-robot de l’entreprise idéale pour les candidats d’aujourd’hui.

Garantir un bon équilibre pro/perso

Ce critère est cité comme déterminant par les jeunes dans le choix d’une entreprise, dans plus de 40% des cas selon un récent article des Echos. Paradoxalement, ce n’est pas quelque chose de nouveau : selon ce même article, une proportion constante de répondants indique rechercher cet équilibre entre carrière professionnelle et vie privée, quelle que soit la génération.

« Je ne dirais pas que c’est le principal critère… Mais c’est clair que j’ai pas envie de rejoindre une de ces boîtes où on passe des nuits entières au taf’. Ca a peu d’intérêt de passer ton temps au travail, si ensuite tu n’as même plus le temps de faire ce que tu aimes ! » – Edouard, 22 ans, Dauphine

« Mes parents travaillent dans le conseil, et je sais ce que ça fait de ne pas les voir de la semaine alors qu’on vit sous le même toit. C’est sûr que ça offre des rémunérations hyper attractives, mais personnellement… Si je dois me lancer dans ce milieu, ce sera pour 1-2 ans maximum, le temps d’accumuler de l’expérience et d’avoir un bon nom sur le CV » – Cristina, 24 ans, Centrale Paris.

 

Communiquer de manière transparente

Les jeunes sont aussi attachés à la capacité de l’entreprise de mettre en place une communication sincère et non-biaisée. Aujourd’hui, l’entreprise n’est plus une boîte opaque qui demeure inaccessible aux personnes extérieures. Les réseaux sociaux, les sites d’avis et de notation comme Glassdoor, la facilité qu’il y a à identifier des collaborateurs de l’entreprise via LinkedIn pour leur demander un retour… Mieux vaut être transparent sur ses forces et faiblesses plutôt que mettre en avant des qualités exagérées qui ne résisteront pas à un examen sommaire de la part des candidats.

« Rien de plus agaçant qu’une entreprise qui me fait perdre mon temps, en se présentant comme digitale alors qu’elle n’a même pas une page Facebook. Peu importe que vous ne soyez pas le nec plus ultra sur le marché, mais par pitié, dites-le avec transparence ! » – Vincent, 25 ans, Epitech

 

Proposer un travail qui a du sens

La quasi-totalité des candidats interrogés ont appuyé sur leur envie de s’engager dans un projet dans lequel ils croient, à même de les motiver, et, dans l’idéal, qui puisse avoir une utilité sociale. Pour autant, de nombreux candidats considèrent qu’un travail qui leur permettra de réaliser leurs ambitions est tout aussi porteur de sens.

« Ca ne me dérangerait pas de travailler dans un grand groupe. C’est plus… La question de savoir comment ils sont organisés. Clairement, personne n’a envie d’être juste un maillon de la chaîne. En revanche si je sais dans quel département je travaille, la mission qu’on accomplit, et les résultats que ça apporte, là j’aurai envie d’en savoir davantage » – Aurélien, 25 ans, EDHEC.

« C’est peut-être un peu cliché, mais j’aimerais trouver un travail dans lequel je peux avoir de l’impact. On vit dans un monde où l’avenir n’a pas grand chose de certain, avec plein de défis économiques, écologiques, politiques… Tant pis si je gagne moins d’argent que mes parents, si au moins je peux aller bosser avec plaisir le matin ! » – Asline, 22 ans, INSA.

 

Proposer des projets inspirants

Plusieurs interviews dégageaient une véritable rage de vaincre, une envie de changer le monde. C’est ce qui poussait les candidats à se montrer plus exigeants sur le choix des projets ou des personnes avec lesquelles travailler. Le rapport hiérarchique s’efface au profit d’une véritable recherche de légitimité.

« J’ai vraiment vu de tout pendant mes stages, que ce soit en France ou à l’étranger, dans de grandes structures à la Défense autant qu’en start-up dans un incubateur… Ce que j’en retiens, c’est que j’aurai toujours beaucoup de mal à travailler pour un manager si je ne me projette pas du tout à sa place. Avoir l’air déprimé 24h/24, c’est le meilleur moyen de dégoûter tes équipes (…). Si t’as pas l’air de croire un minimum en ce que tu fais, pourquoi est-ce que moi j’y croirais ? » – Elise, 25 ans, ESSEC.

« Quand j’étais en césure, j’avais le choix entre deux stages très différents, l’un dans un grand service dans une boîte sexy, et l’autre dans une PME encore peu connue. Mon coeur balançait vers la première option, mais une rencontre de 30 minutes avec mon futur maître de stage dans la PME a tout changé. Il était tellement motivé pour son projet, et tellement content à l’idée de m’accueillir… J’ai signé tout de suite ! » – Antoine, 26 ans, Centrale.

 

Offrir des repères concernant la suite de carrière

La plupart des candidats se posent encore de nombreuses questions sur la suite de leur carrière, même une fois qu’ils ont trouvé leur stage de fin d’études voire leur premier emploi. Pour beaucoup, ils indiquent se sentir rassurés lorsque leurs perspectives d’évolution sont claires, car ils savent alors dans quelle direction avancer.

« Après mon M2, j’ai postulé dans de nombreux cabinets de conseil, pour trouver mon stage de fin d’études. A tel point que j’ai commencé à recevoir beaucoup de réponses, presque trop. J’ai priorisé. Et je n’ai été jusqu’au bout qu’avec les cabinets qui indiquaient précisément quelles opportunités d’évolution étaient envisageables : quel type de poste, quel salaire, après combien de temps, etc. » – Aurélien, 25 ans, EDHEC.

 

Fournir un cadre de travail agréable

Dernière attente des candidats vis-à-vis de l’ambiance et de leur cadre de travail, une atmosphère agréable et épanouissante était souvent citée comme un critère important pour le choix d’une entreprise.

« C’est pas forcément le critère central, mais j’ai du mal à m’imaginer à long terme dans une boîte où je n’apprécierais pas mes collègues par exemple. On va quand même passer des dizaines d’heures ensemble chaque semaine, donc autant qu’il y ait de l’ambiance » – Albane, 24 ans, Dauphine.

« L’ambiance, ça change tout. J’ai eu des boulots où j’en pouvais plus d’attendre qu’il soit 17h30 pour partir… Les journées étaient lentes, interminables. Au contraire, depuis que j’ai trouvé ce taf’, je suis rarement chez moi avant 21h. On est juste tellement bien dans l’équipe qu’on n’a pas de mal à faire des heures sup’ » – Vincent, 25 ans, Epitech.

Sur les différentes interviews menées, ces six tendances résumaient les attentes des candidats concernant leur future entreprise. S’y ajoutent quatre points orientés sur la recherche d’emploi et l’expérience de recrutement en elle même.

 

Quelle expérience de recrutement pour séduire les candidats ?

C’est lors de leur recherche d’emploi que les candidats seront pour la première fois en contact avec l’entreprise et sa culture. Il s’agit donc d’un moment particulièrement crucial pour faire la différence entre le candidat enthousiasmé à l’idée d’être recruté, et celui qui renonce en se disant que ce poste n’est peut-être finalement pas fait pour lui…

Une expérience cohérente et sincère

Un processus de recrutement est comme une longue partition : il peut suffire d’une seule fausse note pour gâcher l’ensemble des efforts investis jusque-là. La transparence est une valeur-clé que les jeunes recherchent au sein de leur future entreprise, et qui doit également s’appliquer à l’expérience de recrutement : rien de plus frustrant qu’un dernier entretien qui fausse complètement l’image que le candidat s’était peu à peu fait de l’entreprise. L’ensemble de l’expérience et des points de contact avec le candidat se doivent d’être alignés.

« Ca m’est arrivé d’aller jusqu’au round final de recrutement avec une entreprise, pour finalement tout laisser tomber. Mauvais feeling avec le manager que j’ai rencontré lors du dernier round. Tout le monde m’avait vanté l’importance attachée à l’humain, mais avec lui, j’ai eu une soudaine impression de… de bullshit total. Ca ne sonnait pas vrai. Ca m’a totalement bloquée » – Cristina, 24 ans, Centrale Paris.

 

Des rencontres enrichissantes

Le processus de recrutement est l’occasion, pour le jeune, de rencontrer de nombreux professionnels en peu de temps, et de découvrir leur cadre de travail de l’intérieur. Chacune de ces rencontres permet de se faire une idée de la culture de l’entreprise, de l’ambiance qui y règne et du type de personnes avec qui on sera amené à travailler. Le plus ces rencontres se révèlent enrichissantes (humainement, professionnellement…) pour le candidat, le plus il aura envie de revenir !

« J’avais assisté au forum entreprises de mon école il y a 2 ans. A un moment, j’errais dans les allées, sans savoir précisément vers où aller. Un recruteur d’une grande banque m’a abordé, non pas pour me parler directement de son entreprise, mais pour me proposer de me donner des conseils sur mon CV. On a fini par discuter 20 minutes, et de fil en aiguille, on a parlé de l’entreprise, de leurs besoins et des critères de recrutement… J’y ai passé mon année de césure » – Constance, 25 ans, IMT Lille-Douai.

« La première fois que j’ai passé un processus de recrutement “formel”, c’était pour mon stage de fin d’études. 3 tours, 6 entretiens… Les choses devenaient sérieuses ! Je m’étais entraîné toute la soirée à répondre à des questions-types comme “quelles sont vos 3 plus grandes qualités ?”. Mais au bout de 5 minutes, on a commencé à parler technique avec l’ingénieur avec qui je passais l’entretien… On est restés plus d’une heure ensemble, et il a plus parlé que moi ! Non seulement j’ai eu le poste, mais en plus, j’ai adoré la discussion ! On déjeune encore souvent ensemble ! » – Mathieu, 27 ans, Supélec.

 

Un processus fluide

Le candidat qui postule à un processus de recrutement est comme un client sur un site e-commerce : son expérience doit être optimisée. Un bon processus de recrutement n’est quasiment jamais cité par les candidats comme une raison de postuler dans l’entreprise ; en revanche, un processus incompréhensible ou mal pensé est une raison de ne pas le faire ! L’image renvoyée au candidat à travers ces points de contact modèle donc profondément la perception qu’il a de l’entreprise.

« J’ai parfois l’impression que certaines entreprises sont déconnectées de la réalité. On est une génération qui allons au quotidien sur Facebook, sur Instagram et sur Snapchat. Alors quand on arrive sur un site carrière qui semble avoir été conçu sous Windows 95… Ca bloque totalement ! » – Albane, 24 ans, Dauphine.

« Faire ses candidatures, ça relève parfois du parcours du combattant. Et j’ai parfois l’impression que plus l’entreprise est grande, plus c’est galère ! Télécharger son CV sur un site carrière, ok, c’est normal. En revanche, une fois qu’on l’a téléchargé, devoir re-saisir manuellement toutes ses expériences et formations préalables, c’est juste un cauchemar ! Sérieusement, qu’est-ce qu’il dirait le recruteur si je l’obligeais à répéter tout ce que j’ai déjà lu sur le site carrière ? Jamais il me retiendrait, et c’est normal ! » – Hugo, 23 ans, Université Paris 1 Sorbonne

 

Une dose d’originalité

Pour finir, les candidats étaient nombreux à mentionner apprécier les expériences qui sortent de l’ordinaire. La recherche d’emploi est un travail de longue haleine, qui se révèle souvent répétitif et frustrant. Bien qu’étant conscients que c’est le lot de tous les chercheurs d’emploi que de devoir se démener pour parvenir à leurs objectifs, les candidats soulignaient qu’une expérience originale est un bon moyen d’égayer les recherches, et les poussait à aller vers les entreprises qui souhaitaient leur faciliter la vie.

« J’ai déjà passé un entretien tôt le matin, alors que j’étais encore en poste dans une autre entreprise. Le manager m’attendait avec du café et des croissants. Tout le monde aime être surpris, et en plus, ça enlève une sacré pression ! Les choses sont plus naturelles, on se laisse aller plus facilement ! » – Antoine, 26 ans, Centrale.

« Avant de travailler en entreprise, j’imaginais vraiment que les recruteurs n’avaient aucune attention à accorder aux candidats. On ne se représente pas la personne derrière un formulaire d’inscription ou une annonce d’emploi. Quand on se rencontre pour de vrai, ça humanise énormément la relation » – Stéphane, 24 ans, EM Lyon.

 

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On constate donc, au final, que les candidats, jeunes ou pas, sont assez lucides sur ce que les entreprises ont à leur offrir. Bien loin de l’image d’une génération Y désenchantée par le travail, ils sont nombreux à souhaiter trouver une équipe dans laquelle s’épanouir, et un projet sur lequel ils pourront faire leurs preuves.

Il y a 300 000 postes vacants en France à l’heure actuelle, alors même que le chômage chez les moins de 30 ans demeure bien plus élevé que pour le reste de la population. Chez Seekube, nous avons la conviction que c’est en créant les bonnes rencontres que nous donnerons aux candidats l’occasion de révéler leur potentiel, et de trouver le poste de leurs rêves ! Pour cela, nous organisons chaque année plus de 80 jobdatings entièrement en ligne sur des thématiques emploi fortes : développeurs, ingénieurs IT, commerciaux, femmes ingénieures, marketing… Pour en savoir plus nos prochains événements, c’est par ici !

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